L’Atelier Parfum – découverte d’une parfumerie émotive

« Autant éphémère qu’éternelle, la rencontre avec une fragrance est un moment suspendu, précieux parfois bouleversant. Il traduit qui nous sommes, qui nous voulons être ou encore paraître. »

Merci pour ces mots justes, qui me replongent immédiatement dans ma passion brûlante pour le parfum, à peine les premières fragrances déballées.

L’Atelier Parfum, une maison de haute parfumerie prônant des valeurs éthiques et une créativité immense : Ingrédients naturels choisis, approvisionnement responsable, composition à 90% d’ingrédients d’origine naturelle et conditionnement à faible impacte environnemental.

Mais l’essentiel, c’est l’émotion palpable qui émane des fragrances. Dans une ambiance de liberté similaire aux Éditions de parfum Frédéric Malle ou à Maison Rebatchi, on ressent la grande autonomie de création laissée aux parfumeurs choisis pour participer à ce projet. J’adore, car derrière chaque odeur se cache l’effervescence créative de chaque nez, ce qui rend les parfums uniques et personnels.

Raffinement et simplicité sont les adjectifs adéquates pour décrire les flacons. Étiquettes aux détails en relief et bouchons imitation bois précieux, couleurs subtiles des jus et emballages décorés façon aquarelle : voilà qui donne un esprit « labo » qui inspire la transparence et la simplicité. Le jus avant tout !

Les deux premières fragrances que j’ai testé :

Exquise Tentation et Douce Insomnie : Deux gourmands très féminins. Le premier propose une ambiance fleurie, sucrée et chaleureuse. Riche et addictive, la composition m’a fait penser à La Vie est Belle de Lancôme, avec ses accords sensuels d’iris sublimé de vanille. Ici, on retrouve bien ces deux notes mais accompagnées de rose, de freesia et de patchouli pour un peu plus de profondeur. Je le trouve très joyeux, le bonheur et l’amour sont au coeur du parfum. Lumineux, il s’épanouit sur peau.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-exquise-tentation/

Le second accroche le nez aux premières notes chaudes et puissantes ; il parait plus rebel, au caractère bien trempé. C’est l’accord cappuccino qui crée cette facette aussi corsée que ronde et envoûtante. C’est une autre version de la gourmandise, le jasmin et la fleur d’oranger nous offre un retour au temps de nos gouters d’enfants. Les bois précieux et le santal signent la composition et laissent un sillage très chaleureux. Pour une femme passionnée, à l’aura brûlante.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-douce-insomnie/

Les plus légers : Coeur de Pétales et Verte Euphorie.

Avec Coeur de Pétales, on a le nez dans les fleurs, imaginez un champ au printemps. Il est délicat, romantique et très intime ; on le porte d’avantage pour soi que pour les autres. J’aime beaucoup cette impression sur peau qui dit « je sens bon mais je ne porte rien », sa discrétion fait son charme. La rose est travaillée avec le litchi pour offrir différents contrastes : au départ elle parait presque verte, puis s’évanouie ensuite pour partager son charisme. Sillage subtilement épicé, le poivre de sichuan joue ici un rôle d’arrière plan, d’avantage pour donner du corps à la fragrance que pour nous chatouiller le nez.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-coeur-de-petales/

Verte Euphorie, c’est l’eau fraîche de la collection. Pétillante et désaltérante, elle évolue cependant rapidement pour laisser apparaître un sillage pas si volatil que ça. Au nom très évocateur, cette fragrance m’a laissé imaginer une note très verte, un peu « Ô de Lancôme » ou « Eau de Campagne », mais il n’en ai rien. Évidemment, le trio orange sanguine, pamplemousse et petit grain assure son rôle hespéridé dans les premières notes, mais les muscs et le bois de cèdre blanc développent rapidement une douceur très tendre. Un joli parfum aux agrumes pour celles qui apprécient un sillage poudré.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-verte-euphorie/

Ceux qui nous font aimer les fleurs :

Belle Joueuse, un duo fleuri rose et jasmin riche et contrasté. Les premières impressions sont sucrées et acidulées ; framboise et gingembre sont des notes qui fonctionnent très bien ensemble pour créer un départ piquant et original. Le coeur fleuri lui, est tendre, rond et discret mais il n’oubli pas de déposer sur peau un sillage profond et suave composé de fève tonka (mon amour) et de notes ambrées. Belle Joueuse, ça sent l’amour et la tendresse.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-belle-joueuse/

Arme Blanche, une vrai explosion de pureté. J’adore l’Infusion d’Iris de chez Prada, pour sa note savonneuse et son impression peau propre. Ici, on retrouve cette fraicheur pure et cristalline, cette impression aérienne et poudrée mais les fleurs blanches et le bois de santal restent présents en note de fond pour donner du caractère à la fragrance. La fleur d’oranger, jamais sans son néroli apporte cette touche à la fois fraîche et pâtissière si singulière et poétique. Au coeur du parfum, bien entendu la tubéreuse, la meilleure amie de la fleur d’oranger, explose de sensualité à même la peau. En laissant le parfum évoluer, on entrevoit une impression plus boisée et plus crémeuse, grâce au bois de santal et au vétiver.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-arme-blanche/

Mon coup de coeur : Rose Coup de Foudre.

C’est un nouvel amour que je développe pour la rose. Plus j’avance dans l’âge et plus j’aime sa senteur ultra féminine, presque un peu « trop ».

Ici c’est une rose turque la star de la fragrance, comme une ode à la reine des fleurs. On la découvre sous plusieurs facettes, tantôt fraîche et croquante, accompagnée de cassis et de patchouli ; puis ronde et charnelle lorsqu’elle rencontre le patchouli et les bois ambrés. Ce que j’ai aimé c’est la modernité, qui tranche avec cette senteur de rose ancienne parfois un peu démodée. On la connait si bien et pourtant ici, elle réussi à nous étonner et nous séduire à nouveau. C’est une découverte qui nous parait familière, un classique inédit.

https://latelierparfum.com/produit/opus-1-edp-rose-coup-de-foudre/

L’Atelier Parfum, une collection riche, mettant en valeur les ingrédients au travers de belles créations émotives.

Découvrez sur leur e-shop, la collection Opus 1 disponible en 50ml, vaporisateurs de voyage ou encore coffrets découverte et à offrir.

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Maison Rebatchi, la parfumerie passionnée

2021 fut pour moi une année professionnellement riche, forte d’expériences et de progression. Par conséquent, le temps m’a manqué pour alimenter le blog. En 2022, j’espère réussir à faire jouer la balance entre vie professionnelle et passion parfum. L’année se clôture pourtant avec une belle découverte olfactive.

Maison de niche à la fois émergente et encrée dans la parfumerie, Maison Rebatchi et plus particulièrement l’histoire de Mohamed son parfumeur m’ont touché.

Je me suis reconnue à travers lui, dans sa passion brûlante pour le parfum et dans son ambition à toute épreuve. Son parcours est impressionnant de volonté et nous prouve que le rêve est atteignable tant qu’on ne le quitte pas des yeux.

Pour en savoir plus sur le parcours audacieux de Mohamed : https://www.rebatchi.com/fr/content/7-le-fondateur

Entre matières premières soigneusement sélectionnées et collaborations d’excellence, Mohamed a su s’entourer de grands noms pour élaborer ses jus et ses flacons. L’idée principale est tournée autour d’un ingrédient odorant, que chaque parfumeur s’est approprié pour le rendre intime et inédit.

J’ai aimé toutes les fragrances ; chacune est différente et propose son identité et sa version de l’ingrédient star. J’ai trouvé les créations riches, bien construites et remplies d’élégance.

Joyeux Osmanthe par Maurice Roucel : Un parfum joyeux et très lumineux. Les premières notes fruitées relevées de cannelle font percer les rayons du soleil sur un bouquet floral foisonnant (osmanthus, tubéreuse, fleur d’oranger, jasmin, rose & iris). Avec le temps, le sillage s’estompe en douceur. Les notes ambrées et boisées lui confèrent une tenue discrète et à fleur de peau.

Une belle interprétation de l’osmanthus, cette fleur blanche que l’on associe habituellement à des notes opulentes de « grande dame ». Ici, le bouquet floral se veut accessible et délicat.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/6-joyeux-osmanthe.html

Rose Rebatchi par Randa Hammami : Une rose épanouie, remplie de richesse et de romantisme. Elle est sur le fil, entre la rosée du matin cristalline, et une facette charnelle qui se dépose sur peau ensuite. Au coeur de la pyramide olfactive, on trouve de l’essence de rose Damascena et de l’absolue de rose de Turquie, un mélange qui fonctionne et qui offre tout son coeur floral au parfum.

J’adore cette sensation de fraîcheur croquante procurée par la baie rose et les fruits juteux des premières notes. Il tient vraiment bien sur peau et s’adoucie en une rose réchauffée par des notes musquées et poudrées; c’est une rose tout en élégance. Avec « Blanche » chez Byredo, sans doute mes deux roses préférées !

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/4-rose-rebatchi.html

Bois d’Enfant par Karine Chevallier : « Ce parfum dessine dans l’esprit de celui ou celle qui le découvre une image impressionniste. » C’est plutôt vrai, j’ai ressenti une première vague fruitée et fumée à la fois, qui tirait presque sur un accord « épices du placard »; puis le sillage est apparut fruité et pétillant quelques heures après. C’est une création à double sens, qui je pense, évolue différemment sur chaque peau. Pour ma part, le sillage a laissé apparaître des notes très chaudes, très réconfortantes; en effet c’est comme si la fragrance voulait toucher à vos émotions et vos souvenirs.

La pyramide est difficile à comprendre et à imaginer sur le papier, mais la logique est là lorsque l’on compare ce qu’on lit avec ce que l’on sent. La rose en baies, essence et absolue s’épanouit en un ensemble équilibré. Du freesia et de l’iris crémeux, en opposition avec l’encens, le cèdre et le pin sec. Le santal et le fir balsam ont pour rôle d’apporter chaleur et rondeur au parfum, tandis que le duo vanille/framboise formait surement cette note acidulée.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/1-bois-enfant.html

Musc Panache par Maurice Roucel : Une interprétation du musc très léger et poudré; une fragrance à fleur de peau. Les premières notes hespéridées de bergamote, bigarade et mandarine se révèlent relevées d’une pointe de cardamome épicée. Le coeur est composé d’iris et de chèvrefeuille, un duo contrasté qui offre tendresse et vivacité.

Les notes de fond tantôt sèches (vétiver & patchouli) tantôt crémeuses (fève tonka & notes ambrées) jouent les équilibristes pour laisser s’apaiser un sillage effet peau propre et savonneuse. Dans le même esprit intimiste qu’Infusion d’Iris chez Prada, Musc Panache propose une facette toutefois légèrement plus corsée.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/3-musc-panache.html

Jasmin Satin par Karine Dubreuil : Une double dose de sensations, un parfum en constante évolution sur la peau. Il est d’une intense féminité, aux accents ensoleillés. Les jasmins Sambac et d’Egypte sont accompagnés de gardénia frais et croquant et de bois de rose en notes de tête. Une équipe qui marche dans leur rôle d’ouverture; fraîcheur et romantisme évoluent ensuite vers un bouquet lumineux de lys et fleur d’oranger.

Le parfum se réchauffe petit à petit, tendant presque vers une note gourmande avec le cèdre, l’ambre, les muscs et la pêche de vigne. La tenue est très bonne, l’ensemble offre une emprunte charnelle remplie d’élégance.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/12-bois-enfant.html

Cuir Tassili par Aliénor Massenet : Fragrance hommage aux origines de Mohamed Rebatchi, le cuir est ici accompagné d’un duo aux impressions contrastées : la myrrhe chaude et résineuse, le patchouli sec et fumé. Au départ, le poivre noir et la sauge nous laisse découvrir un cuir piquant, fusant et épicé. Très vite, il évolue laissant apparaître la concrète d’Iris, le « beurre » de cette fleur ronde et poudrée.

Cuir Tassili est un cuir élégant, légèrement sec et tanné. En opposition aux fragrances de la même famille que je trouve la plupart du temps excessives et un peu lourdes. J’apprécie sa discrétion et sa délicatesse.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/7-cuir-tassili.html

Feu Patchouli par Bertrand Duchaufour : Une belle surprise. Comme le décrit la maison sur son e-shop « Un patchouli inédit », je n’aurait pas dit mieux. Toujours un peu méfiante vis à vis du patchouli, car je n’apprécie pas son sillage sec et puissant, j’ai découvert ici la matière réinventée.

La fragrance est très riche, le patchouli est bien accompagné pour offrir son plus beau visage. Le départ s’ouvre en douceur sur des argumes fusants (orange douce, bigarade & bergamote), pour laisser place à la baie rose et au poivre noir, qui nous amènent petit à petit jusqu’au protagoniste de l’histoire.

Clou de girofle et cannelle jouent les entremetteurs entre les premières notes saisissantes et le sillage de fond qui se veut chaleureux. Le patchouli est accompagné d’une équipe bien rodée de matières orientales (myrrhe, encens, labdanum, vanille, muscs & caramel), qui lui confère sa douceur inédite.

Feu Patchouli m’a d’abord fait penser à Égoïste de Chanel, dans son départ épicé, fusant et chaud à la fois. J’ai beaucoup aimé cette interprétation sans pareille du patchouli, rond, rassurant et poudré, presque comme une odeur de cire de bougie. Une vrai découverte.

https://www.rebatchi.com/fr/parfums/5-feu-patchouli.html

Jonglant entre parfums et bougies, Maison Rebatchi se montre maître de son sujet. Au travers du travail de Mohamed et de toute l’équipe qui l’a accompagné dans ces projets, les fragrances reflètent sincérité et passion, les ingrédients essentiels du succès.

Anne Krystel Parfums, Made In Québec

Le parfum que je porte influence mes humeurs et mes émotions. Chaque jour, je laisse mes envies et la météo guider mes choix parfumés. C’est donc naturellement que la notion de « bonne humeur » émanant du parfum Anne Krystel 8 m’a plu.

ANNE KRYSTEL, est une jeune maison de parfumerie Made in Québec, du nom de sa créatrice. Vous avez peut être déjà croisé Anne Krystel à la TV, car elle a fait ses débuts dans la télé-réalité Française, avant de se lancer dans le business avec sa marque de lingerie et aujourd’hui ses premiers parfums.

Avec Anne Krystel 8, elle souhaitait créer une eau de parfum au sillage gourmand et extra concentré, capable de nous suivre toute la journée. C’est une fragrance très riche, qui contient beaucoup de notes, dont une bonne partie viennent de Provence.

  • Un trio de fruits : Mandarine / Poire et Framboise
  • Un bouquet fleuri : Néroli / Rose / Lavande et Gardénia
  • Une signature corsée : Vanille / Muscs / Cuir et Patchouli

En quelques mots, j’ai trouvé les premières notes très pétillantes, puis rapidement, c’est une facette gourmande qui prend place. Avec le temps, la fragrance conserve sa signature sucrée, mais offre des notes de fond puissantes.

Pour tester, la maison propose de commander des formats voyage, et ça vous savez que j’adore ! Par la suite, des modèles quotidiens sont bien entendu disponibles.

AK47 est la création masculine chez ANNE KRYSTEL. C’est un parfum pour homme, qui sent l’homme.

  • Bergamote, Citron, Sauge
  • Lavande, Jasmin
  • Cèdre, Santal, Mousse de chêne, Tabac

Les notes sont puissantes, et le sillage rappelle la mousse à raser. C’est un excellent dupe à Drakkar Noir !

Pour le moment, la maison ne propose qu’une fragrance femme et une fragrance homme. Mais on est curieux de découvrir quelles autres facettes olfactives Anne Krystel puisse nous partager !

Allez me donner votre avis sous mon dernier post Intagram :

PENTALOGIES – La parfumerie sensorielle

Après le succès du Nez Insurgé, Dorothé Duret fonde Pentalogies.

Une nouvelle approche de la parfumerie, où chaque sens est olfactivement décomposé en une première étude qui illustre chacun d’entre eux, comme on ne les aurait jamais imaginé.

J’ai adoré le concept, la modernité des jus et la sensibilité qui émane de la maison. J’ai eu envie de poser quelques questions à sa fondatrice et de partager ses réponses avec vous !

Deux coups de coeur se sont détachés : LA VUE et L’OUÏE. Dans LA VUE, j’ai adoré l’ouverture épicée et ronde à la fois. Une rupture des accords, qui crée un fond très mystérieux. Cette fragrance a tout de suite fait appel à mes souvenirs d’enfance et m’a rappelé les livres anciens que j’aimais parcourir avec ma grand-mère.

Dans L’Ouïe, le départ est plutôt rond et timide. Mais la rencontre entre les notes d’ouverture et l’overdose de bois est superbement maîtrisée. Les notes aqueuses et lactées apportent un réconfort original. C’est une vraie romance, qui s’épanouit à fleur de peau.
Bien évidement, La Peau m’a séduite également par sa vivacité lumineuse et son coeur charnel de fleurs blanches.

Le Goût est intriguant, comme une sensation de gourmandise interdite. Les odeurs se transforment presque en goût, et créent un ensemble foisonnant. Pour L’Odorat, j’ai découvert une formule abstraite, presque savonneuse sur peau. Pourtant, c’est la composition qui présente le moins d’ingrédients. Une belle réussite olfactive.

L’INTERVIEW À DOROTHÉ :

1) Après le succès du Nez Insurgé, quel a été le déclic pour la création de Pentalogies ?

Pentalogies émerge de mon parcours de vie et le choix du parfum comme mode d’expression est directement lié au Nez Insurgé. Plus qu’une parfumerie, Le Nez Insurgé est un lieu d’échange et de partage sur l’olfaction qui fédère des personnes de tous âges, tous milieux et qui m’a ouvert les yeux sur ce qui nous réunit face au parfum : le langage des sens.L’odorat est le seul sens privé de son langage propre. Pour décrire un parfum sans décomposer une formule et nommer ses matières premières (encore faut-il en être capable), nous convoquons les autres sens. Ainsi un parfum apparait comme sucré (le goût), vert (la vue) ou poudré (le toucher). Ce mécanisme spontané qui stimule notre imagination et nous fait bâtir des ponts entre les sens me fascine. J’ai eu envie de parler des sens à travers le parfum.

2) Comment avez-vous réussi à communiquer à Clémentine ce que vous souhaitiez olfactivement ?

J’ai présenté à Clémentine l’univers de Pentalogies, les briefs parfums sous forme de récits et de moodboards qui sont la base de la création. Ces éléments sont accompagnés des briefs olfactifs qui indiquent les notes qui selon moi, traduisent mon propos. C’est ainsi que L’Ouïe s’articule autour d’un santal qui m’évoque la nacre que je voulais représenter, le soyeux, l’ivoire d’une note de piano, l’harmonie d’un accord parfait. Le brief olfactif a également nommé le café et l’accord pellicule argentique pour L’Etude 1.5 qui incarnent pour moi cette photographie olfactive et ainsi de suite pour chaque Etude.

3) Quel sens fut le plus difficile à retranscrire sous forme d’odeur, et pourquoi ?

Indiscutablement Le Toucher, l’ Etude 1.3 La Peau – Organe Erotique. Je souhaitais pour ce parfum une attaque semblable à une morsure, une décharge, quelque chose d’électrisant, de nerveux et d’intrusif qui vibre jusqu’à rompre et muter en fleur bestiale et chaude . Traduire olfactivement cette morsure fut un vrai défi. Ce parfum galope sur un fil tendu entre innocence solaire et pulsions charnelles.

4) Avez-vous choisi le sens des études ? L’ouverture de la découverte sur La Vue fut-elle un choix réfléchi ?

Cet ordre est venu spontanément, j’ai placé La Vue et L’Ouïe en premier car ce sont des sens éduqués, garants de notre équilibre de bipèdes, Le Toucher, Le Goût sont des sens de contact et L’Odorat est carrément primaire. J’aime bien l’idée que La Vue et L’Odorat soit aux antipodes d’une pentalogie l’un secondant l’autre aux premiers jours. Alors que nous naissons presque aveugles, notre nez sera nos yeux jusqu’au sein maternel.

5) Pourriez-vous m’en dire plus sur ce qui compose les accords :

  • Lumière cosmique blanche dans L’Étude 1.1
  • Nacré dans L’Étude 1.2
  • Morsures et oxydes dans L’Étude 1.3
  • Peau mi-humaine mi-animale dans L’Étude 1.3

Il s’agit là des secrets bien gardés des parfumeurs. Ce sont des accords que Clémentine a crées pour traduire mon propos comme une illusionniste, je préfère admirer la magie que comprendre le truc.

6) Avez-vous pour projet de créer une nouvelle étude ?

Absolument, L’Etude 2 est en cours d’écriture. Il m’a fallu 2 ans pour faire aboutir la première. L’Etude 2 suivra très probablement le même cheminement.

7) Quel est votre création préférée de L’Étude 1, et pourquoi ?

Sans surprise, je n’ai pas de préférence. Chaque création a été un séjour immersif dans mes divagations. Bien que très différents olfactivement, ils sont indissociables pour moi. Néanmoins, je porte très souvent L’Etude 1.1 pour sa lenteur, sa densité, son aura énigmatique hors du temps et sans contour.

Merci a Dorothé, la fondatrice de Pentalogies pour sa collaboration à cet article, et encore bravo à Clémentine, la parfumeuse, pour les émotions que vous avez réussi à faire passer au travers des parfums.

Vous pouvez retrouver les parfums en boutique du Nez Insurgé, en plein coeur de Bordeaux.

Un parfum pour chaque saison

Pour écrire cet article en réponse au TAG de Manon, il m’a fallu choisir un parfum pour représenter chaque saison. Ce ne fût pas chose facile car je ne porte pas qu’une seule fragrance par saison, je suis sans cesse en train de découvrir de nouvelles senteurs et d’enrichir ma collection.

Voici le lien de la vidéo TAG de Manon (manotedecoeur) sur le sujet, allez y faire un tour !

https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=jzPu7iyvVjw

Mes choix de parfums diffèrent en fonction des saisons – même s’il est vrai que je porte en général des fragrances beaucoup plus capiteuses l’hiver que l’été – mais aussi en fonction de mes humeurs. J’aime changer de sillage, cela me permet de ne jamais ressentir qu’aujourd’hui et identique à demain.

Mais j’ai quand même des coups de coeur, des parfums « valeurs sûres » que j’adore user et abuser.

Comme une impression olfactive de renouveau. La douceur poudrée et savonneuse de l’iris dépose sur peau un voile léger et intime.

Quelques agrumes façonnent un accord vivifiant en note de tête, mais qui s’évanouit rapidement au profit de l’épanouissement de l’iris, le tout accompagné de notes boisées.

C’est une eau de parfum à même la peau, timide mais séduisante. Je la trouve idéale pour le printemps, car elle se tient à la perfection entre la luminosité d’une eau fraîche et le sillage réconfortant d’une eau de parfum poudrée.

L’odeur des poudres de soleil de la maison de luxe parisienne. Une eau de toilette ensoleillée au possible, soulignée d’une pointe d’exotisme.

En son coeur, on reconnaît le quatuor gagnant de jasmin, ylang-ylang, fleur de tiaré et fleur d’oranger qui dirige la senteur en direction du soleil. Quelques notes boisées et des muscs blancs apportent de la tenue et permettent de trancher l’odeur du lait de coco afin d’éviter l’overdose de sucre.

Sensuel, lumineux et d’une justesse maîtrisée, Terracotta rayonne sur peau et offre tout le bonheur de l’odeur de l’été.

Une eau de parfum qui porte bien son nom. La fève tonka y est ici délicieuse et mystérieuse. D’un naturel boisé vanillé et ici légèrement amer, la fève tonka est une de mes matières premières favorite.

Je l’aime beaucoup à l’automne, sa sensualité se dépose sur ma peau et laisse un sillage percutant. La fragrance joue sur un fil, à la frontière entre force et douceur, facette boisée et sucrée, caractère et discrétion.

Une inspiration venue d’ailleurs, mais qui s’accorde très bien à l’âme olfactive de la maison Dior. Fève Délicieuse est un de mes parfums favoris, il réchauffe le corps et le coeur lorsque l’automne est là.

Avec certitude, c’est le parfum que je porte le plus. Cette création des Absolus D’Orient séduit à coup sur les amoureux de fragrances boisées et envoûtantes.

Sa facette boisée de Santal met en avant sa préciosité et amorce l’accord fleuri de rose et de jasmin charnel. Entre fleurs, fruits et notes orientales, Santal Royal est riche mais ne révèle pas tous ces secrets à la première vaporisation.

C’est en le laissant se développer sur peau et façonner sa signature que l’on découvre une senteur ultra séductrice et d’une tenue exceptionnelle. Sa chaleur sèche contre parfaitement les journées glacées d’hiver.

Chaque parfum que je vous ai présenté ici sont pour moi des créations faciles à partager (mixtes). Au delà d’être à caractère masculin ou féminin, ils proposent une émotion suspendue qui s’encre dans un moment de l’année.

Et vous, quels sont vos favoris de saison ?

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