L’Art de se parfumer

L’art et la manière de se parfumer n’ont cessé d’évoluer à travers les époques, accompagnés par des mœurs parfois divergentes.

L’utilisation du vaporisateur est aujourd’hui la façon la plus courante de laisser un sillage derrière soi. C’est en fait né d’un mouvement américain dans les années 70, qui entrainât une vague d’hygiène nouvelle, avec la mise sur le marché des déodorants par exemple. Les jeunes de l’époque sont plutôt tournés fragrances androgynes et légères comme CK One et Abercrombie.

Avant cela en Europe, les bouteilles de parfum présentaient plutôt des flacons, et le parfumage se faisait de manière plus intime et sensuelle.

Mais même en Europe, les habitudes et les goûts olfactifs diffèrent : les endroits chauds d’Espagne aiment la fraîcheur et les eaux de colognes, les françaises aiment les eaux de parfum et de toilette de caractère boisé, les italiennes adorent laisser un sillage derrière elles, tandis que les anglosaxones préfèrent les gammes corporelles comme les poudres, gels de douche et laits pour le corps, n’hésitant pas parfois à les mélanger.

Avant les années 70, chez les américaines, c’est l’exagération et le foisonnement de la gourmandise. Elles aiment les parfums qui tiennent, elles écoutent la publicité et aiment se parfumer comme leur stars préférées. D’où le fameux succès de N°5, parfum préféré de Marylin Monroe.

En Inde, on utilisait plutôt des huiles parfumées. En Egypte, des sortes de cônes de concrète (pour faire simple, la concrète est solide et grasse, tel un baume de parfum) sur le sommet du crâne, qui en fondant libéraient le parfum sur les cheveux. Au japon, la tradition voulait qu’on parfume plutôt les vêtements. Puis lorsque l’on commence à s’offrir du parfum, c’est plus pour la beauté de l’objet, peuple raffiné jusqu’au bout.

Comme je vous l’ai dit, chaque pays peut avoir des coutumes différentes, plus ou moins ancestrales pour le parfumage.

Nous avons perdu l’usage sensuel du parfum au fur et à mesure du temps dans le commerce des parfumeries d’aujourd’hui. C’est pour cela qu’il est à mon sens important de connaître quelques astuces de parfumage, pour être certain(e)s de sublimer au mieux son sillage et de faire mouche partout où vous passerez.

Privilégier les points de pulsations : Autrement dit, les zones où le sang afflue et donc où la peau est plus chaude (cou, nuque, chevilles, derrière les oreilles, creux de la poitrine, poignets, creux des coudes, derrière les genoux) car les molécules odorantes s’épanouiront davantage et serons plus personnelles. A noter que les cheveux sont un endroit clé pour délivrer un parfum subtil et envoutant à chaque mouvement de votre crinière. De plus, ils tiennent superbement bien la fragrance. Pour cela, de plus en plus de lignes de parfum proposent des brumes parfumées pour les cheveux (par ex Miss Dior, J’adore de Dior, N°5 de Chanel, La Petite Robe Noire de Guerlain…)

Parfumer ses vêtements : ça peut être bien pour des concentrations eau de toilette car elles sont souvent moins opulentes et ont donc moins besoin d’être en contact avec la chaleur du corps pour s’épanouir. Mais attention, la laine, le cachemire ou le coton apprécient mieux les fragrances que les matières synthétiques sur lesquelles le résultat n’est pas folichon. Par contre, on bannit le cuir, car le jus peu le tacher !

Utiliser les gammes sensorielles : Pour intensifier le sillage et la tenue, au travers d’une crème pour le corps, d’une brume cheveux ou d’un déodorant. Pour ce qui est du lait ou de la crème pour le corps, rien n’oblige à l’appliquer partout car ce sont souvent des produits onéreux… mais privilégiez le cou/décolleté et les bras, puis parfumez-vous par dessus.

Se parfumer pour se rafraîchir : pour les eaux fraîches ou les eaux de toilette, je trouve que la technique du parfumage en nuage est assez appropriée. Il suffit de créer un nuage parfumé devant soit en pulvérisant la fragrance 3 ou 4 fois et de traverser la retombée. Les gouttelettes parfumées vont se poser avec délicatesse sur la peau et les vêtements.

Pour les hommes : les points de pulsations ne sont pas les mêmes, mais sont tout aussi importants. On se parfume plutôt des deux cotés de la nuque, au centre du torse et sur les dessus de poignets. Le revers de la veste est également une zone très chic chez l’homme, car elle laisse deviner la fragrance avec subtilité à chacun des mouvements de monsieur.
Les gammes sensorielles sont aussi très développées chez les messieurs, alors on en abuse car c’est vraiment une touche personnelle super sensuelle en déodorant, gel douche ou après rasage !

  • Pour être sûr de la tenue de son parfum, le mieux est encore d’avoir la fragrance avec soi. Pour cela, procurez-vous un vaporisateur de sac comme celui-ci sur Amazon !
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L’Olfactorama « Révéler le meilleur du parfum »

Passionné autant des parfums d’hier que de ceux d’aujourd’hui et par les émotions qui émanent de tous les métiers se rapportant à la parfumerie.

C’est ainsi qu’en quelques mots on pourrait décrire l’éditeur du blog « Musque-moi (si tu peux) » ; blog parfum, où il partage ses découvertes, coups de cœur et sa culture olfactive.

Depuis 2012, il est avec d’autres blogueurs, le fondateur de l’Olfactorama.

Kézako ?

C’est un prix qui récompense chaque année ce qui se fait de mieux en parfumerie, pour mettre en lumière cet art. Des passionnés de parfum se réunissent pour échanger sur les nouveautés de la parfumerie sélective et de niche.

C’est une sorte de « critique olfactive », comme ils le décrivent si bien sur le site de lOlfactorama.

« Ils », c’est l’équipe au complet : Juliette Faliu (présidente) ; Patrice Revillard (vicepresident) ; Alexis Toublanc (responsable jury) ; Thomas Domunguès (secrétaire) et Sophie Normand (responsable communication)

La sélection est orchestrée en une phase préparatoire durant laquelle une pré-sélection des parfums est faite à l’aveugle par l’équipe. Puis celle-ci est envoyée au jury qui à leur tour, élisent à l’aveugle les grands gagnants

La création et l’émotion procurée par le jus sont donc mis en avant, au détriment du flacon ou de la marque. Les critères sont diverses : structure, équilibre, tenue, sillage, signature, style, portée imaginaire…

Et les gagnants 2018 sont… (car c’est tout de même ça qui nous intéresse)

  • Prix du Grand Féminin : Eau de Velours de Bottega Veneta : Chypre cuir (Rose-Beurre d’Iris-Cuir)

Parfumeur : Michel Almairac et Mylène Alran

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  • Prix du Grand Masculin : L’Envol de Cartier : Boisé frais (Hespéridés-Bois de Gaïac-Hydromel)

Parfumeur : Mathilde Laurent

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  • Prix de la Virtuosité : Le Cri de Parfum d’Empire : Éclatant et lumineux (Ambrette-Musc-Iris-Rose)

Parfumeur : Marc-Antoine Corticchiato

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  • Prix de l’Émotion : Nuit de Bakélite de Naomi Goodsir : Floral vert (Tubéreuse-Gabanum-Angélique-Styrax)

Parfumeur : Isabelle Doyen

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Vivement 2019 pour un nouveau prix Olfactorama !!!

Guerlain, 1828-2018 : 190 ans de création

L’histoire débute en 1828. Pierre-François-Parscal Guerlain parfumeur chimiste, ouvre sa première boutique parisienne et la manufacture qui va avec.
Le succès est au rendez vous, et la créativité du jeune prodige va jusqu’à lui inspirer l’Eau de Cologne Impériale pour l’impératrice Eugénie. Voici, la première création de la maison !
Le jus est contenu dans un flacon aujourd’hui signature, orné de 69 abeilles dorées, symbole de l’empereur.
Et grâce à cette cologne, il devient fournisseur officiel de sa majesté.

Son fils, Aimé Guerlain, poursuit l’aventure et apporte de la modernité dans les techniques de parfumerie. Jicky, en 1889, en est le reflet. Le jus comprend des matières premières naturelles et synthétiques et le résultat est inédit.

La succession d’Aimé est assurée par son neveu, Jacques. Il va penser plus de 400 jus pour la maison, c’est un créateur foisonnant.
Il signe les plus grands parfums de la maison, L’heure Bleue, Mitsouko, Shalimar, et invente l’oriental.
Il s’inspire des gens qui l’entourent pour Sous Le Vent, Vol De Nuit et Coque d’Or.
La Guerlinade, signature de la maison est son bébé. Il va l’inclure dans les fragrances, pour les rendre uniques.

Son petit-fils, Jean-Paul Guerlain, apprend le métier dans l’usine de son grand-père. Le jeune créateur est doté d’un talent immense, il est capable de mémoriser et de reconnaître plus de 3000 odeurs différentes. Les créations fusent, les succès aussi : Habit Rouge, Vétiver, Samsara…
Jean-Paul souhaite intégrer de nouvelles matières pour explorer de nouveaux accords olfactifs, il parcours donc le monde pour ramener les essences les plus rares et séduire les françaises.

Aujourd’hui, Thierry Wasser est le cinquième nez de la maison.
Il aime Paris et la parisienne. Il lui offre en 2008, La Petite Robe Noire, en collaboration avec Delphine Jelk.

En 2014, l’homme idéal plaît et s’inscrit dans un nouvel accord olfactif avec la note d’amande, utilisée pour la première fois dans la parfumerie masculine. C’est aussi un clin d’œil à Jicky qui en contenait.

En 2017, Mon Guerlain reflète la passion de Thierry Wasser pour la féminité française, qui fut la ligne de conduite de tous les héritiers de la maison Guerlain, à travers les époques.
Très proche de la nature, il choisit de travailler avec des matières premières venues du monde entier mais qui s’inscrivent dans une démarche respectueuse des hommes et de l’environnement.

Au total, la maison compte 1100 créations, un nombre qui donne le vertige. Mais qui reflète surtout l’amour de Guerlain pour les femmes et les odeurs.

De cette passion commune pour tous les Guerlain, est né un fil conducteur qui fait que chaque création de la maison est reconnaissable : la Guerlinade. Un ensemble bien précis des matières premières fétiches de Jacques que chaque parfum cache au fond de sa composition (Bergamote, Rose, Jasmin, Vanille, Fève Tonka, Iris).

Vitrine de la maison Guerlain, la boutique au 68 avenue des Champs-Elysées ouvre ses portes en 1914.
Tous les savoir-faire Guerlain y sont réunis : l’orgue à parfum, l’institut, la collection maquillage, le restaurant, les accessoires, les délices du 68, sans oublier la personnalisation sur mesure et la gravure.

Depuis 1828, la collection de parfums s’est agrandie avec des exclusifs parisiens.
Des univers très différents, des essences rares, des fragrances originales et de caractère à partager :
L’art et matière, les déserts d’orient, les élixirs charnels, les parisiennes et les parisiens, les rendez-vous du bonheur, les absolus d’orient, les eaux exclusives et les eaux de rituel.

Guerlain, un nom devenu légende.

—> Pour continuer de vous instruire sur cette belle maison, lisez « Le Roman des Guerlains », disponible en Kindle Amazon ici :

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Trudon (since 1643)

L’histoire de Trudon débute en 1643, sous la devise « Deo Regique Laborant » qui signifie « elles travaillent pour Dieu et le Roi ».

Elles, c’est les abeilles, à l’origine de la cire des bougies, récoltée sur la ruche.

Le royaume est séduit par la pureté des créations et Trudon sert la cour royale de Louis XV et Versailles jusqu’à la fin de la monarchie.

Depuis 2007, la maison travaille avec des nez pour créer des parfums qui racontent des histoires ; les bougies sont coulées et façonnées à la main dans les ateliers de Normandie, et ça fait toute la différence !

A l’époque déjà, la qualité des bougies Trudon est un grand luxe : couleur blanche épurée, elles brûlent longtemps, ne crépitent pas et ne fument pas. Aujourd’hui encore, c’est un peu pour ça qu’on les aime tant. De plus, dans la collection des bougies, chacune porte un nom et une histoire, racontée au travers de son parfum.

Pour un style So’ 18e siècle, il y a les cierges et les bustes. Napoléon, Marie-Antoinette, Louis XIV trônant sur le buffet, sobres et élégants.

Mais si vous préférez les parfums d’ambiance, c’est possible aussi avec Dada, Ernesto, Joséphine et bien d’autres…

Et pour être un peu plus fidèle à la maison Trudon, on peut craquer pour sa collection de parfums, détenant cinq références ; des créations à même la peau, aux jus singuliers et novateurs.

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L’Écrivain d’odeurs par Jean-Claude Ellena

Par Jean-Claude Ellena, aux éditions Nez Littérature.

Je pourrais parler de bon nombre de livres que j’ai lu sur le thème du parfum. Grande passionnée de la parfumerie, de son histoire et de toutes les émotions qu’elle procure, j’adore m’enrichir de connaissances à ce sujet.

Mais pour être honnête, « 

L’écrivain d’odeur » fût mon préféré.

Jean-Claude Ellena est un enfant du pays de Grasse et un des parfumeurs les plus emblématique de sa génération. Il nous explique comment tout à commencé ; de son premier job en tant que laborantin dans une parfumerie grassoise, jusqu’à ses créations pour les plus belles maisons.

Longtemps parfumeur exclusif pour la maison française Hermès, il put s’épanouir à la création de bon nombre de jus emblématiques comme Terre d’Hermès (2006), Kelly Calèche (2007) ou encore Le Jardin de Mr Li (2015).

Créatif et pointu dans sa façon de manier les odeurs entre elles pour créer des chefs d’œuvre, il signe également Déclaration pour Cartier (1998), Bigarade Concentrée pour les éditions de parfums Frédéric Malle (2002), Mûre et Musc Extrême pour l’Artisan parfumeur (1993), In Love Again pour YSL (1998), puis First pour Van cleef & Arpels (1976) qui fut son premier parfum.

Dans son romain, J-C Ellena nous confit son parcours, ses créations, ses moments forts et ceux de doutes. A travers toute sa modestie et sa transparence, on perçoit sa sensibilité et l’on comprend ainsi mieux pourquoi le succès de ses créations fut si grand…

La magie, la passion et la poésie sont présentes tout au long de l’ouvrage, un vrai moment de bonheur. Bravo !

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