Sylvaine Delacourte, les matières réinventées

Connaissez-vous la maison de parfums Sylvaine Delacourte ?

Elle porte le nom de sa créatrice, anciennement directrice de la création et du développement des fragrances pour la maison Guerlain pendant plus d’une décennie.

D’Insolence, à l’Instant, en passant pas les créations sur mesure des clients VIP, Sylvaine Delacourte est une femme passionnée, au savoir faire olfactif aiguisé et à la transmission communicative.

Je ne trouve rien de mieux pour découvrir une nouvelle maison que de l’explorer au travers d’un coffret d’échantillons.

J’ai donc commandé le coffret travaillé autour de la vanille. Je trouve que c’est une matière intéressante car malgrès qu’elle soit très utilisée en parfumerie, elle peut révéler des surprises. Une nouvelle manière d’apprécier la vanille s’offre à nous : la matière est noble : la vanille naturelle de Madagascar, la reine dans son domaine a été choisie pour faire aimer cette épice douce à ceux qui possèdent des réticences.

Le coffret se compose de 5 parfums : VALKYRIE, VAHINA, VANORI, VANGELIS et VIRGILE.

Un coup de coeur s’est tout de suite manifesté pour VALKYRIE, un parfum contrasté, où la vanille affirme une facette fraîche. Accompagnée par un trio pétillant de limette, basilic et menthe elle s’adoucit au maximum et sa note gourmande ne devient qu’une touche suave et légère.

J’ai aussi vraiment aimé VAHINA. Prénom d’origine Tahitienne, il inspire une fragrance délicate où la vanille et les fleurs sont en parfaite harmonie. Les fleurs blanches sont à l’honneur (osmanthus et fleur d’oranger), ce sont elles les responsables de cette justesse des odeurs.

VANORI est surprenant. Au départ, l’amertume du pamplemousse m’a quelque peu déroutée, mais en réalité les premières notes s’estompent vite pour laisser un sillage très solaire. C’est une vanille des vacances ; fleur de frangipanier et benjoin assurent le voyage.

VANGELIS et VIRGILE promettent une déclinaison complètement inédite. Respectivement au caractère épicé et aromatique, la note de vanille est méconnaissable. L’œillet, fleur verte et vive, s’enrobe de la rondeur de l’amande dans VANGELIS. À eux deux, ils soutiennent la vanille pour qu’elle n’ai qu’un rôle signature. Tandis que dans VIRGILE, on retrouve la base d’un accord aromatique (romarin et sauge), ainsi qu’une touche boisée sèche. Encore une fois, la vanille joue sur un fil entre présence et transparence.

La fleur d’Oranger et les muscs sont les deux autres sujets odorants autour desquels Sylvaine Delacourte a voulu travailler pour faire partager sa passion et son goût des belles matières. Bien sûr, une fois la découverte achevée, vous pouvez retrouver les parfums en grands modèles.

Les coffrets de 5 échantillons coûtent 10€, et sont accompagnés d’un livret descriptif de chaque fragrance afin d’être guidé au mieux et d’un bon de remise de 10€ valable sur l’achat futur d’un parfum 30ml ou 100ml !

Avez-vous découvert une des trois matières de chez Sylvaine Delacourte ?

Secrets de fabrication : les 6 méthodes d’extraction

La première étape de la création d’un parfum, et pas des moindre : l’extraction des molécules odorantes des fleurs et des plantes aromatiques, afin d’en extraire l’absolu. Ce trésor olfactif ultra concentré, sera ensuite utilisé pour façonner la pyramide olfactive du parfum.

Au fur et à mesure que la palette du parfumeur s’est agrandie, de nouvelles méthodes d’extraction ont vu le jour, afin de pouvoir s’approprier chaque odeur.

LES 6 METHODES D’EXTRACTION

  • DISTILLATION

Technique très utilisée car elle est facile et peu couteuse.

Le principe est simple : les fleurs sont comme « cuites à la vapeur ». On porte de l’eau à ébullition dans de grandes cuves appelées « alambic », tandis que les fleurs sont placées dans des paniers au dessus du niveau de l’eau.

En chauffant, la vapeur d’eau traverse les pétales et s’imprègne des molécules odorantes. Puis à son arrivée dans un tuyau, elle retrouve son état liquide en refroidissant.

Le liquide obtenu contient de l’eau et de l’huile, qui naturellement vont se séparer par le poids de chacune d’elle. On récupère l’huile essentielle pour la composition des parfums, tandis que l’eau florale restante sera souvent utilisée dans les cosmétiques.

Idéal pour :

Rose, Ylang-Ylang, Magnolia, Patchouli, Fleur d’oranger, Vétiver, Cannelle…

  • EXTRACTION AU SOLVANT VOLATIL

C’est une méthode nécessaire pour extraire le parfum des fleurs fragiles, qui ne supportent pas les fortes chaleurs et donc la distillation. Au départ couteuse, aujourd’hui on utilise surtout de l’éthanol, à moindre coup.

Les fleurs sont plongées dans un solvant, au cœur de grandes cuves appellées « extracteurs », afin que le solvant s’imprègne de leur odeur. Elles subissent plusieurs bains, et ainsi jusqu’à ce qu’elles n’ai plus d’odeur à offrir.

C’est seulement après évaporation du solvant que l’on récupère l’essence de l’extraction : une pâte résineuse appellée concrète. Parfois, elle est encore utilisée telle quelle, mais le plus souvent on la filtre une dernière fois à l’alcool afin de ne garder que le precieux nectar final necessaire à la composition des fragrances : l’absolu.

Idéal pour :

Jasmin, Tubéreuse, Fève tonka, Mousse de chêne…

  • ENFLEURAGE

La technique de l’enfleurage peut se faire à chaud ou à froid, en fonction de la fragilité des fleurs. Pour le jasmin par exemple, ses délicates pétales subissent un enfleurage à froid.

Le procédé est le suivant : les fleurs sont déposées dans la graisse, chaude ou froide et renouvelées jusqu’à saturation complète de la matière en molécules odorantes. La graisse possède naturellement la faculté à retenir les odeurs.

L’extraction à chaud nous offre des ongents, que l’on filtre et lave à l’alcool pour obtenir l’extrait.

Pour l’extraction à froid, c’est presque pareil : on obtient des pommades parfumées, que l’on peu utiliser en l’état ou bien baigner dans le solvant pour ne garder que l’absolu.

Idéal pour :

Jasmin, Tubéreuse, Jonquille…

  • EXTRACTION AU CO2 SUPERCRITIQUE

Le CO2 supercritique, est du dioxyde de carbone qui jongle entre deux états : il est à la fois liquide et gazeux.

On l’utilise à basse température et sous pression afin d’extraire les molécules odorantes au travers du gaz.

Cette technique est de plus en plus utilisée. Peu couteuse, elle respecte au mieux l’environnement et l’odeur originelle des fleurs, car la température d’extraction reste relativement basse.

Idéal pour :

Vanille, Gingembre, Cardamome…

  • EXPRESSION

Elle reste la technique la plus simple de toute l’industrie du parfum. Elle a traversé les siècles en suivant peu de modifications.

Elle est née en Sicile et ne concerne que les agrumes. À l’époque on utilise la méthode de « l’éponge » : Les fruits sont vidés de leur jus et l’écorce pressée au travers de grosses éponges qui récoltent ainsi l’huile essentielle.

Aujourd’hui, ce sont des machines qui pressent les agrumes entiers, et séparent par la suite le jus de l’huile essentielle, ce qui n’induit que très peu de coups financiers.

Parfois, ce sont les écorces qui sont broyées, ce qui dispense de séparer les liquides par la suite.

Le seul désavantage à noter est la durée de conservation des huiles essentielles : en effet, comme les extraits odorants des fruits sont purs et non transformés, ils ne sont utilisable que six mois après leur extraction.

Idéal pour :

Citron, Bergamote, Orange, Pamplemousse…

  • HEAD SPACE

Procedé futuriste, le head space consiste à reconstituer en laboratoire l’odeur naturel des fleurs et des plantes, au travers d’une machine qui capte les molécules odorantes et les analysent.

L’avantage est que l’on peut aller plus loin, en choisissant de reproduire des ambiances comme par exemple l’odeur des embrunts, des sous-bois ou encore de la campagne.

« Le grand livre du parfum »-Aux éditions NezLittérature

https://shop.auparfum.com/boutique/editions-nez/nez-culture/le-grand-livre-du-parfum/

GLOSSAIRE

Les matières premières utilisées en parfumerie sont classées par « Familles Olfactives ». Elles sont au nombre de sept, et se déclinent en « Facettes ».

Une classification qui permet d’organiser la palette du parfumeur, et d’identifier plus facilement les catégories de parfum.

Cliquez sur l’une des images pour en savoir d’avantage.

Les Familles Olfactives

Les Facettes Olfactives

Avec l’industrialisation de la parfumerie moderne, dans le courant du 19e siècle, des matières synthétiques ont vu le jour. Elles permettent de remplacer des matières naturelles que l’on ne peux plus exploiter par soucis d’écologie, d’économie ou de cause animale.

Cependant, elles permettent également d’agrandir considérablement la palette du parfumeur, dans le but de pouvoir créer sans cesse des senteurs inédites.

LES CUIRS

Matières premières :

Matières : TABAC – CUIR …

Origine : Naturelle et synthétique (le cuir est une matière naturelle, cependant son odeur est reproduite en laboratoire)

Méthode d’extraction :

Principalement par distillation pour le tabac. (Cf mon article sur les méthodes d’extraction)

https://lesinstantsdeceline.com/2020/04/01/secrets-de-fabrication-les-6-methodes-dextraction/

Impressions olfactives :

Odeur de peau – Odeur poussiéreuse – Animal – Cuir tanné

TOP 5

LES ÉPICÉS

Matières premières :

Épices : POIVRE – CANNELLE – CUMIN – CURRY – MUSCADE – GIROFLE …

Origine : Naturelle

Méthode d’extraction :

Principalement par distillation. (Cf mon article sur les méthodes d’extraction)

https://lesinstantsdeceline.com/2020/04/01/secrets-de-fabrication-les-6-methodes-dextraction/

Impressions olfactives :

Piquant – Poivré – Corsé – Placard à épices – Voyage – Souvenirs – Tenue – Sillage – Original

TOP 5